dimanche 29 mai 2016

ROMAN "AMY WILLIAMS, L’ACADÉMIE" : EPISODE 7 Partie 2

 C'était il y a cinq ans, alors que j'avais dix ans. C'était mon anniversaire et ma mère avait commandé un grand gâteau à la crème. Mon père était en déplacement à Chicago et allait venir le soir même. Après avoir décoré la maison et tout préparé pour la fête, ma mère était sortie faire les courses, me laissant seule à la maison avec mon petit frère de deux ans, Matthew. Je jouais avec lui à l'étage quand quelqu'un sonna. D'ordinaire, je n'allais jamais ouvrir la porte quand mes parents n'étaient pas là, mais cette fois-ci, quelque chose me poussa à y aller. Je me levai donc en recommandant à Matthew de ne pas bouger de sa place. Avant d'activer l'interphone, je jetai un coup d’œil par la fenêtre, histoire de savoir quel genre de type venait nous voir. Un homme plutôt costaud au visage dur attendait devant le grillage, visiblement impatient de partir. Il portait un jean simple, une chemise hawaïenne et des huaraches jaunes moutarde. Son peu de cheveux était plaqué avec du gel, lui donnant un air de je-viens-de-sortir-de-ma-douche. Après avoir inspecté cet étrange arrivant, je me décidai à ouvrir la porte de la maison. Je décidai cependant de ne pas ouvrir le grillage.
            - Eh, ça te dirait de m'ouvrir ?me lança l'individu.
            - Qu'est-ce que vous voulez?ripostai-je, méfiante.
            - J'ai quelque chose de la part de Mr John Williams.
            L'homme avait du voir mon expression mi-inquiète mi-stupéfaite car il continua :
            - Tu connais ?
            - C'est mon papa.
            - Je sais. Alors, tu l'ouvres cette porte ?
            - Mon papa...commençai-je.
            - Oui, oui, j'ai compris, c'est ton papa, maintenant tu l'ouvres cette porte?me coupa-t-il, agacé.
            - Oui, grimaçai-je.
            - A la bonne heure !s'exclama l'étranger en passant une main dans ses cheveux.
            - Mais vous êtes qui, au fait ?
            - Bob Marley, répondit-il en essayant de rester sérieux.
            - Bob Marley ? Le chanteur de reggae ?
            - Mais non, Bob Marley le charpentier du quartier, voyons.
            - Je comprends...Qui êtes-vous vraiment ?
            - Une personne qui porte des chemises hawaïennes avec des huaraches et qui n'a presque plus de cheveux sur la tête. Bon allez, je vais te le dire parce que sinon tu n'ouvriras jamais cette porte. Je suis Carl.
            - Carl ?
            - Carl Brown. Le chanteur célèbre, tu sais, c'est celui qui a fait Fortune. Fortune dans les deux sens, ajouta-t-il, heureux de son petit jeu de mot (je l'avais compris plus tard).
            - Chris Brown, pas Carl, le corrigeai-je.
            - J'ai dit Chris. Carl...pff...je n'aurai jamais oublié son prénom, quand même !
            - Vous avez bien dit son prénom et pas mon prénom ?relevai-je. Je n'ouvrirais pas cette porte tant que je ne saurais pas qui vous êtes.
            - Parce que tu penses que c'est une gamine de neuf ans qui va m'empêcher d'entrer dans une maison ? Et puis d'ailleurs depuis quand tes parents t'ont autorisée à parler aux inconnus, et par-dessus le marché à leur ouvrir la porte ? John et Carla Williams ne vont pas être contents. Ils vont annuler leur petit voyage pour leur grande fi-fille qui vient d'avoir dix ans, continua l'individu.
            - Quel voyage ?demandai-je.
            - Je n'ai pas parlé d'un voyage. Je pense que tu as attrapé une insolation. Allez rentre chez toi, Amy. Au passage, je m'appelle Dave.
            - Je ne vous ouvre pas la porte ?
            - Si accessoirement. De toute manière, je resterai devant la porte jusqu'à ce qu'on m'ouvre. Donc si ce n'est pas toi qui l'ouvre, ce sera ta mère. Ou ton père.
            - C'est bon, j'ai compris...soupirai-je en ouvrant la porte.
            C'est là que je vis la broche épinglée sur la chemise de Dave. Deux serpents enroulés autour d'une clé.
           
            Et une devise : In umbra quam lux. L'ombre dépasse la lumière...

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